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10 mois sans alcool. 10 conseils pour arrêter de boire.

1er novembre 2014

Si arrêter de boire constitue un grand défi,  perdre du poids ne donne certainement pas sa place. Pourtant, si j’ai été capable de me passer d’alcool pendant maintenant 10 mois, ne devrais-je pas être capable de me priver un peu côté nourriture et perdre 15 lb ? Bien sûr, la situation est différente. Je ne peux pas arrêter de manger complètement !

N’empêche qu’il y a des similitudes dans les deux défis et certains comportements que j’ai développés au fil des mois dans mon cheminement de sobriété pourraientt peut-être m’être utile dans mes efforts de perte de poids.

Mais il faut d’abord que je fasse un petit bilan des dix mois qui viennent de s’écouler pour en extraire les principaux moyens que j’ai utilisés pour arrêter de boire.  De cette réflexion est sortie ma liste de dix conseils pour arrêter de boire.

10 conseils pour arrêter de boire

1. Ne pas faire la girouette !

Prendre une décision et ne plus la remettre en question est, je pense, ce qui est le plus difficile.  Dans les premiers jours de janvier, alors que je venais de prendre la résolution de ne pas boire pour un an, j’ai dû me poser des questions sur la pertinence, la nécessité, l’utilité de mon choix toutes les quinze minutes. Puis, à un moment donné, épuisée par tous ces remous, j’ai décidé que je n’avais plus le droit de repenser mon choix. J’ai commencé à agir comme une automate. J’ai refusé d’entretenir ce débat intérieur avec moi-même. Mon choix est devenu indiscutable.

Conseil no 1 pour arrêter de boire. Ne pas faire la girouette.
Conseil no 1 pour arrêter de boire. Ne pas faire la girouette.

2. Se donner une limite de temps.

La pire attitude, surtout au début, est de voir sa décision comme quelque chose d’éternel. Une décision pour la vie ou pour…

Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps.
Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps.

Moi, j’ai choisi une année complète parce que je voulais donner à mon corps et à mon esprit le temps de s’habituer vraiment à la sobriété et d’en tirer tous les bénéfices. Je voulais aussi faire un changement en profondeur et il me semblait que cela nécessitait un cycle complet, les douze mois de l’année. Mais chacun doit trouver la limite de temps qui lui convient. Ça varie d’une personne à l’autre.

Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps. 2.
Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps. 2.

3. Faire une liste de ses raisons.

Un point très important que j’ai négligé au tout début. Même si je songeais à arrêter de boire depuis un certain temps, j’ai quand même pris ma décision un matin du 1er janvier, un lendemain de veille.

Comment on en arrive à prendre des résolutions.
Comment on en arrive à prendre des résolutions.

En fait, le simple fait d’établir cette liste, de réfléchir vraiment à ses raisons pour arrêter de boire et de les mettre par écrit est incroyablement utile. C’est aussi très important de le faire honnêtement. Ensuite, on garde cette liste pour soi, si l’on veut, mais à portée de la main pour les moments difficiles. On y pige là aussi les arguments qui aideront à parler clairement de notre choix lorsque nous décidons d’en discuter avec les gens proches de nous. (Cliquer ici, pour voir ma liste de dix raisons.)

4. Identifier les moments les plus difficiles.

En général, on ne pense pas à un prendre un verre d’alcool à longueur de journée. Identifier les moments qui sont les plus difficiles m’a été utile pour trouver comment composer avec ces situations-là.

Conseils pour arrêter boire. Identifier les moments les plus difficiles.
Conseils pour arrêter boire. Identifier les moments les plus difficiles.

Au début, ma liste de moments difficiles semblait ne pas avoir de fin. Puis, petit à petit, j’ai réussi à identifier une liste plus courte de moments problématiques. Pour moi, il y a eu bien sûr le temps de l’apéro, les soupers de filles, et les émissions de télévision, le soir.  J’en ai déjà parlé dans mon journal : dans toutes les émissions, souvent même dans des émissions d’information, on y voit quelqu’un avec un verre d’alcool à la main. Plus le temps passe, plus ma liste de moments dangereux diminue. Et pour m’aider à composer avec les occasions difficiles, j’ai développé plusieurs tactiques.

5. Examiner son désir d’un verre d’alcool

J’ai remarqué que dans certains cas mon désir d’alcool s’accompagnait d’un autre besoin, d’un autre désir, d’une autre envie.  Par exemple, le temps de l’apéro a été et reste encore le moment le plus fragile pour moi. C’est la période de la journée où je suis fatiguée et mon niveau d’énergie est au plus bas. J’ai besoin de faire une pause et j’ai faim. Et ce besoin de refaire le plein d’énergie, j’en prenais soin, auparavant, en m’assoyant avec un verre de vin. Je me suis rendu compte que même si je suis seule, je dois aussi prendre le temps de m’asseoir et me préparer une petite collation. Si je suis avec des amis, dans un bar, par exemple, je dois me commander quelque chose à manger, une petite assiette d’olives ou de fromages, par exemple. Pour moi, une fois le premier moment de l’apéro passé et ma faim en partie assouvie, je résiste beaucoup plus facilement à l’alcool.

Maintenant, quand j’ai tout à coup le goût de boire un verre, je me demande si c’est vraiment d’alcool dont j’ai envie. Parfois, le goût survient quand je suis devant une tâche désagréable à accomplir,  ou encore quand je viens de subir un échec, ou bien après une dispute avec Jean-Marc, mon chum…

6. Trouver des activités de remplacement agréable.

J’ai, malheureusement,  trop souvent remplacé l’alcool par la bouffe, et c’est pourquoi j’ai maintenant 15 lb à perdre. Mais au fil des semaines, j’ai aussi trouvé des activités agréables à faire pour tromper mon envie d’un verre de vin ou de bière. J’en ai fait une liste, y incluant également le temps que l’activité peut demander. J’y ai inclus des activités que je me donne rarement le droit de faire mais qui m’apporte beaucoup de plaisir : danser comme une folle dans mon salon, au son de la musique des années 1950 ; colorier dans un cahier de coloriage de Noël ; et même, ne faire strictement rien d’autre que de regarder les gens qui passent en bas, sur ma rue, et imaginer leur histoire.

Et dans les moments où les idées me font défaut, je peux toujours demander des suggestions à des amis. Quant à mon chum, lui, il me fait toujours la même suggestion.

Le soutien à la façon de mon chum.
Le soutien à la façon de mon chum.

7. Penser à des breuvages de remplacement.

Un verre de vin (et parfois de bière) était devenu pour moi au fil des années, pratiquement le SEUL breuvage. En arrêtant de boire, j’ai redécouvert le plaisir d’une tasse de thé en fin d’après-midi ou encore d’une eau minérale à laquelle j’ajoute un peu de jus. Je me prends souvent aussi une bonne tisane en soirée. J’en ai d’ailleurs maintenant toute une collection. Et quand je vais au restaurant avec des amis, alors que les autres se payent un verre de vin, moi, je me permets une eau en bouteille, pétillante ou non. Et peu importe ce que les serveurs peuvent en penser…

Madame ne boit pas ? Elle a un problème ?
Madame ne boit pas ? Elle a un problème ?

8. Se préparer mentalement aux moments difficiles.

Certaines situations semblent parfois impossibles. On se dit qu’on ne pourra absolument pas éviter de prendre un verre, soit parce qu’on en aura trop envie, soit en raison de la pression des autres. Au début et même pendant un bon bout de temps, je choisissais d’éviter les situations qui seraient, je le savais, très tentantes pour moi. Je ne sortais presque plus. Mais c’est vite devenu trop déprimant, toute cette solitude. J’ai réalisé que de me préparer mentalement aux situations m’aide beaucoup. Je les imagine dans ma tête, je les pratique, un peu comme on répète une pièce. Et cette répétition finit par banaliser la situation. Ce verre de champagne qu’on m’offrira pour célébrer avec tous cet évènement si joyeux ? Je l’ai déjà refusé dix fois dans ma tête et remplacé par une eau pétillante aromatisée, dans un beau verre à champagne! D’ailleurs, plus le temps passe et plus je sais comment être ferme avec moi-même ainsi qu’avec les autres, tout en restant souriante et charmante (enfin presque…).

Réponse à un épais!
Réponse à un épais!

9. Préparer un argumentaire éclair.

Note: J’ai dû consulter le site de l’Office québécois de la langue française pour trouver la traduction de l’expression “Elevator pitch”.

Un argumentaire éclair, pas pour nous mais pour les autres… Parce que quand on décide d’arrêter de boire, on se rend compte que Sartre avait bien raison et que les autres, bien, c’est souvent l’enfer  Quand les gens autour de moi apprennent que j’ai décidé d’arrêter de boire complètement, ils veulent connaître le pourquoi d’une telle décision. Leur donner la liste de mes dix raisons est non seulement trop long, mais aussi risqué. Plusieurs y voient un sujet de débat, et ce, pour différentes raisons. Certaines personnes se sentent jugées et veulent justifier leur propre comportement, d’autres pensent que je cache peut-être un problème grave d’alcoolisme, etc. Bref, un choix qui est pour moi, personnel, devient un sujet de discussion beaucoup trop public à mon goût. J’ai bien vite réalisé qu’il me fallait trouver une façon de présenter ma décision qui serait effective, concise et qui, idéalement, ne donnerait pas une image péjorative de mon choix. C’est de là qu’est venue l’idée de la sobriété volontaire.

Ça s'appelle la sobriété volontaire.
Ça s’appelle la sobriété volontaire.

10. Tenir un journal.

Arrêter de boire complètement pour un an n’est pas une petite affaire. C’est un grand défi.  J’aime écrire et faire des petits dessins. Tenir un journal dans lequel je peux tout raconter, dans lequel je peux aussi évaluer le chemin parcouru est mon outil le plus précieux. Au début, j’écrivais presque tous les jours dans mon journal. J’y notais mes petites victoires, mes découragements, mes frustrations. Puis au fil des semaines et des mois, mon besoin d’écrire a changé. Mon journal intime est aussi devenu l’endroit où je note des réflexions d’un autre ordre : je m’interroge sur la place de l’alcool dans la société, sur l’alcoolisme chez les femmes, sur la publicité pour l’alcool et les messages qu’elle véhicule, sur tout un éventail de sujets. Tenir un journal de sobriété m’apporte tous les jours énormément de soutien et de plaisir. Et je ne manque pas de sujets…

Conseils pour arrêter de boire. Tenir un journal intime.
Conseils pour arrêter de boire. Tenir un journal intime.