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Le bon vin endort…

20 septembre 2014 (suite)

Mon rendez-vous avec l’endocrinologue ne commence pas bien. Alors que je veux lui parler de mes douleurs musculaires, elle s’est arrêtée au fait que je ne bois plus. Et elle pense, comme la plupart des gens, que si j’ai arrêté de boire complètement, c’est que je suis alcoolique. Moi, je voudrais parler du sujet de ma visite : mes problèmes de fibromyalgie. Maintenant qu’elle m’a étiquetée comme alcoolique, pourra-t-elle entendre quoi que ce soit d’autre ?
Mon alcoolisme l’intrigue et elle continue à m’interroger sur ce sujet, ce qui lui causera une surprise de taille…

C'est la faute à la sobriété totale.
C’est la faute à la sobriété totale.

Et c’est là-dessus que s’est terminée la consultation. Le médecin me prescrit de recommencer à boire. Boire… avec modération. La modération, la solution à tous les problèmes? Un message que l’on entend beaucoup au Québec. Un message tellement fort que même mon médecin ne le remet pas en question. Oui, je sais que le vin peut avoir des effets bénéfiques sur notre santé. Les antioxydants, entre autres. Mais est-ce que boire un verre de vin par jour est essentiel à une bonne santé ? Et est-ce que vraiment la sobriété totale peut causer des problèmes de santé ?

Je vais quand même attendre avant de faire remplir la prescription de mon médecin…

 

Allo, docteur ! M’entendez-vous ?

20 septembre 2014

Même si je ne bois plus depuis plus de neuf mois maintenant, j’ai toujours des douleurs musculaires. C’est très décevant. Je commence à penser que d’arrêter l’alcool ne m’apporte pas beaucoup de bienfaits. J’ai pris du poids et j’ai encore mal partout. Et mon docteur ne sait pas pourquoi j’ai mal comme ça. Je me demande s’il n’y a pas un peu de vrai dans ce que ma coiffeuse me dit chaque fois qu’elle me voit :

Diagnostic de fibromyalgie
Diagnostic de fibromyalgie

Cette semaine, j’ai finalement obtenu un rendez-vous avec un docteur. Ou plutôt, une docteure. Une endocrinologue. J’espère qu’elle pourra m’aider à identifier la source de ces terribles douleurs musculaires. Est-ce vraiment de la fibromyalgie ? Ou de la polyarthrite rhumatoïde ? Mon médecin généraliste ne sait pas. Pour lui, ce sont des douleurs musculaires non définies. Il semble penser que ce sont surtout des problèmes de femme, tout ça. Et il se demande en fait si je ne serais pas un peu déprimée. J’ai mal, docteur ! Ben non, je ne suis pas gaie, gaie ! Il aurait bien voulu me donner un p’tit antidépressif pour régler tout ça. Si j’étais plus heureuse, me dit-il, je n’aurais plus le temps de penser à mes petits bobos. Et je pourrais profiter de la vie. Une belle fille comme vous, a-t-il ajouté ! Et il m’a souri d’un air difficile à identifier avant de me raccompagner jusqu’à la porte. Il avait hâte de passer au patient suivant, un patient avec de vrais problèmes. La salle d’attente en était pleine, d’ailleurs, de patients qui attendaient que ce soit leur tour d’avoir un petit 15 minutes avec le médecin

Alors, j’avais beaucoup d’espoir pour ce rendez-vous avec cette endocrinologue. Une spécialiste et une femme. Enfin, je pourrai me confier à quelqu’un qui pourra me comprendre, qui prendra le temps de m’écouter. Enfin, je pourrai expliquer en détail comment ces douleurs musculaires peuvent parfois empoisonner ma vie. On fera ensemble le tour de la question pour enfin trouver un diagnostic et une solution.

Quand elle a ouvert la porte de son bureau et que je l’ai aperçue, j’ai été charmée. Une femme de mon âge, l’air compétent, au sourire rassurant.

« Vous pensez faire de la fibromyalgie ? On va regarder ça. Laissez-moi vous poser quelques questions. »

Et c’est là qu’on s’est accroché les pieds…

Allo, docteur. M'entendez-vous ?
Allo, docteur. M’entendez-vous ?

À suivre…

Mincir sans souffrir ! Boire sans remords !

13 septembre 2014

Je me suis finalement décidée à m’inscrire à un programme de perte de poids en groupe. J’en ai choisi un que je ne connaissais pas, mais dont le nom correspond à mon attitude face à la perte de poids : Mincir sans souffrir ! Et pour me soutenir dans cette nouvelle aventure, j’ai demandé l’aide de Marie. En bonne amie, elle a même décidé de s’inscrire avec moi.Nous avons choisi d’aller aux réunions du samedi matin. Une bonne façon de commencer la fin de semaine. Ce matin, Marie est passée me prendre à la maison.

Mincir sans souffrir. Comment s'habiiler pour se faire perser.
Mincir sans souffrir. Comment s’habiller pour se faire peser.

Je ne suis pas vraiment convaincue par son raisonnement, mais elle insiste. Marie a de l’expérience. Depuis, que je la connais qu’elle essaie de perdre du poids ! Je pense qu’elle a fait le tour de tous les régimes et de tous les programmes de perte de poids. Je pars donc pour cette première réunion vêtue d’un gros chandail et de jeans bien pesants. Je dois bien avoir ajouté un bon 5 lb à mon poids réel.

Maigrir sans souffrir. Question de balance.
Mincir sans souffrir. Question de balance.

Après la pesée, on passe à la salle où se tiendra la réunion. En entrant, il y a une odeur qui vous envahit. Ça sent le café et les toasts !?! Plusieurs personnes sont installées à leur chaise avec de grands cafés et leur déjeuner sur leurs genoux. Ils vont manger pendant la réunion ? Marie m’explique que les gens ne déjeunent pas et ne boivent jamais avant de se faire peser. Un café de 10 onces, bien, c’est 10 onces de plus sur la balance. La semaine prochaine, paraît-il, il faudra aussi que je passe aux toilettes juste avant de me faire peser. Il faut mettre toutes les chances de son côté. Je découvre une nouvelle culture ! Marie, elle, n’a pas faim parce que suivant ses principes pour être aussi pesante que possible la première semaine, elle a aussi pris un gros déjeuner avant de partir. Moi, j’ai faim et j’aimerais bien avoir un bon café. J’ai comme un peu mal à la tête et mal au coeur, tout à coup.

Dans la salle, il doit y avoir une bonne vingtaine de personnes. 19 femmes et un seul homme. Il a l’air très à son aise et je l’entends donner des conseils à gauche et à droite. Une femme me glisse à l’oreille : « C’est Marcel. Il a perdu 70 lb. Il s’en vante tout le temps. Mais il n’a pas de mérite. Les hommes maigrissent plus facilement que les femmes. C’est pas juste. »

Marie et moi, nous allons nous installer à l’arrière de la salle. Je ne veux pas me faire remarquer. Je prie pour que la dame responsable de la réunion ne nous aperçoive pas et surtout pour qu’elle ne m’interpelle pas.  Elle commence par se présenter.

Maigrir sans souffrir. Trucs pour la fin de semaine
Mincir sans souffrir. Trucs pour la fin de semaine

Comme je suis contente ! C’est exactement ce dont j’ai besoin : de bons choix. Je veux des idées pour remplacer mes snacks trop caloriques par des collations santé. C’est important il ne faut surtout pas que je me remette à boire d’ici la fin de l’année et je ne peux pas continuer à prendre du poids.

Alors, je m’installe avec mon petit calepin et mon crayon. Je vais prendre en note toutes ces bonnes idées qui me permettront de garder ma résolution de sobriété tout en perdant du poids. Moi aussi, je veux maigrir sans souffrir. Je serai sobre et mince !

Mincir sans souffrir. Boire sans remords.
Mincir sans souffrir. Boire sans remords.
Mincir sans souffrir. Boire sans remords 2.
Mincir sans souffrir. Boire sans remords 2.

Marie et moi sommes parties sans faire de bruit. La compagnie devrait rajouter sous le titre de son enseigne Mincir sans souffrir. Boire sans remords. Moi, j’ai remplacé l’alcool par la bouffe. Ces gens-là remplacent la bouffe par l’alcool. Ça m’a rappelé un souvenir du Gégep. Lors d’un de nos innombrables partys, un prof de philosophie que l’on trouvait ben l’fun, un homme un peu enrobé, nous avait annoncé qu’il était devenu diabétique et que le médecin l’avait mis au régime. Il n’avait droit qu’à un nombre restreint de calories par jour. Il avait calculé que s’il ne mangeait pas de la journée, il pouvait alors se permettre de boire huit bières ! On avait trouvé ça très drôle et ça avait confirmé son statut de gars ben cool. Misère ! Est-ce qu’il va falloir que moi aussi, je choisisse entre les deux ? Boire ou manger ? Non, je refuse de croire que je ne pourrai pas arrêter de boire sans prendre de poids.

Je vais adopter une attitude plus saine par rapport à la nourriture. Je vais m’acheter un bon livre de repas minceur et je vais changer mon comportement. Je vais modifier complètement mes habitudes, les remplacer par d’autres petits plaisirs qui n’auront rien à voir avec l’alcool ou la bouffe. J’ai été capable d’arrêter de boire. Je vais être capable de perdre du poids.

Mais il faudra que je commence demain. Car en sortant de la réunion, Marie et moi sommes allées manger dans un resto qui se spécialise dans les déjeuners. J’avais tellement faim que je n’en voyais plus clair ! Je ne me suis pas privée ! J’ai pris le déjeuner du bûcheron : oeufs, patates, bacon, jambon, saucisses, cretons, fèves au lard, toasts et quelques petits fruits pâles sur le côté de l’assiette pour se donner bonne conscience. Mais demain, sans faute, je commence à mieux manger. C’est certain !

Alcool et perte de poids. Un mauvais calcul?

30 août 2014

Grosse surprise cette semaine :

Arrêter de boire permet de perdre du poids. Vraiment?
Arrêter de boire permet de perdre du poids. Vraiment?

En mars, je notais dans ce journal mes dix raisons pour arrêter de boire de l’alcool.  En troisième place venait mon désir de perdre du poids. Et j’étais certaine que ce serait facile à faire parce que c’est tout simplement mathématique. Une règle de trois… Alors, je ne comprends pas. Je dois être un cas spécial !

Je ne fume pas, je ne bois plus d’alcool et là, il va falloir que je mette au régime ? PLus de chocolat, plus de gâteaux, plus de petits plats de chez le traiteur ? Qu’est-ce qu’il va me rester comme plaisir ? Le sexe ? Il faudrait que Jean-Marc arrête de voyager si souvent…

Le poids des mots. La sobriété volontaire

23 août 2014

Les mots ont un poids. Oui, oui. Et parfois, un poids énorme, même. Et ce poids gigantesque, vous le traînez avec vous, partout. Il vous alourdit et vous fait marcher les épaules basses. Parfois, vous les oubliez, ces mots, vous ne les sentez plus et vous marchez allègrement, la tête haute, le pied léger et… Bang! Quelqu’un vous les relance au visage.

C’est ce qui m’est arrivé récemment alors que je profitais innocemment d’une des belles journées du mois d’août. Montréal est tellement belle en été!. La rue Saint-Denis était bondée de monde et je me sentais incroyablement bien, en paix avec moi-même.

Catherine ne boit plus. Le poids des mots.
Catherine ne boit plus. Le poids des mots.

Et voilà ! J’ai eu l’impression d’avoir reçu un coup de massue. Je suis partie honteuse, écrasée par le poids des mots. Ma décision de ne pas prendre d’alcool pendant un an est rapidement devenue « Catherine ne boit pas » puis, peu à peu,  « Elle ne boit plus. » Un raccourci. Comme le jeu du téléphone. Si je ne bois plus, c’est que je buvais et tout le monde sait très bien ce que « boire » veut dire: Catherine avait un problème d’alcool. Un problème d’alcool terrible. Je me souviens encore de ma mère qui chuchotait à mon père : « Le mari de la voisine boit ». « Elle doit cacher son flacon de parfum ». Et je revois cet homme, cet alcoolique aux yeux rouges, à la démarche toujours un peu chambranlante et aux crises de colère qui effrayent tous les enfants du quartier. Une image terrible !

Je n’ose pas imaginer quelle image les gens ont en tête quand ils entendent: « Catherine a arrêté de boire. »

Ce dernier incident m’a bien fait réfléchir. Ma décision de ne pas boire pendant un an a fait de moi, aux yeux de plusieurs de mes collègues et amis, une alcoolique. Pourquoi? D’abord, parce que je ne bois pas du tout, même pas un petit verre de temps en temps.  Mais aussi à cause de la façon dont ma décision est présentée, à cause des mots qu’on utilise. Est-ce que par un petit jeu de dialectique, je ne pourrais pas changer la perception que les gens ont de moi et de ma décision?

Alors, j’ai décidé de reviser ma façon de présenter ma résolution. Je me suis préparé une description moderne, un remixage d’expressions bien branchées, évocatrices d’images exotiques et cultivées. Le fond est vrai, c’est la façon de le dire qui a changé. Et, le croirez-vous, ça marche !

Ça s'appelle la sobriété volontaire.
Ça s’appelle la sobriété volontaire.