Les amies. Prise deux.

4 janvier 2014

Encore une nuit agitée, remplie d’anxiété. Je pensais que ce mauvais sommeil était dû au vin que je prenais dans la soirée. Tout le monde sait que l’alcool a un effet dépressif. Mais là, après trois jours sans boire, je ne vois pas vraiment de différence. Peut-être que ça prendra un peu plus de temps….

Je me dépêche de me lever, car j’entends du bruit dans la cuisine. Jeanne doit déjà être debout.

Jeanne est une lève-tôt.
Jeanne est une lève-tôt.

8 h

Au déjeuner, Jeanne me reparle de ma résolution. Elle a eu le temps d’y penser en faisant son yoga du matin et ne comprend toujours pas. Arrêter toute une année, complètement, c’est trop drastique ! Et vraiment, selon elle, j’ai surtout besoin de manger mieux, de faire de l’exercice. Comme du yoga, le matin, par exemple ?

Je suis incapable de reprendre cette discussion de la veille. Mes raisons pour arrêter de boire sont quelque part dans la brume de mon cerveau. Je ne peux toujours pas les formuler. Et comme je n’ai pas envie de parler de mon poids à 8 h le matin, je cherche vite un autre sujet de conversation. Alors, je me dis que comme je me suis déjà engagée sur la voie des confidences en lui révélant ma résolution du Nouvel An, autant lui parler aussi de mon projet de webcomic. Je lui montre donc le journal que j’ai commencé.

Un webcomic anonyme
Un webcomic anonyme

Puis nous sommes allées marcher sur la rue Sainte-Catherine. Question de regarder les vitrines tout en faisant un peu d’exercices. La marche, c’est bon pour la santé et ça fait maigrir.

14 h

Après le départ de Jeanne en début d’après-midi, je m’assois et commence à planifier sérieusement ce projet de webcomic. Juste pour voir… C’est vrai que ça serait l’fun. Moi aussi, j’adore même si ça m’effraie quand même un peu, pas mal… Je n’ai jamais fait ça. Et il y a la question de l’anonymat…

En travaillant sur mon projet, j’ai tout à coup comme un creux en dedans de moi. Un goût, un besoin. Il me manque quelque chose. L’heure de l’apéro approche…

Un bon vin blanc en travaillant ?
Un bon vin blanc en travaillant ?

17 h

Le téléphone sonne, c’est mon amie France, cette fois-ci. Peut-elle venir souper ? Elle se sent trop seule chez elle. Le « Down » d’après les Fêtes. Les Rois, ça compte plus. Je dis oui, bien sûr… Moi aussi, je me sens un peu seule quand il commence à faire noir. Et j’ai justement un bon reste de pâtes à la Bolognese. Alors, elle me dit de ne pas m’inquiéter qu’elle apporte tout ce qu’il faut pour l’apéro. Elle ne mentionne pas le vin. Moi non plus… ce qui est une erreur, bien sûr.

18 h

France arrive avec un énorme plat d’antipasti. On va se régaler !

On ne manquera pas de vin !
On ne manquera pas de vin !

Et je réalise que c’est une des choses qui va me manquer dans mon abstinence. Cette complicité coupable au sujet du vin. Le plaisir partagé de boire un peu trop et d’en rire.

Mais là, c’est le temps de servir le vin. J’essaie de m’inventer une excuse pour expliquer pourquoi moi, je n’en prends pas ce soir… Mais j’ai la tête vide. Il faut vraiment que je me fasse une liste et que je la mémorise. Au lieu de travailler sur le webcomic, j’aurais dû rédiger ma liste de raisons. Alors, comme c’est une bonne amie qui me connaît depuis très longtemps, je décide de me confier. Elle m’écoute sérieusement puis…

Moi aussi, je picole trop !
Moi aussi, je picole trop !
Tu n'es pas alcoolique !
Tu n’es pas alcoolique !

Encore !?! Je n’ai jamais autant entendu cette affirmation que depuis les quatre jours que je ne bois plus ! Non, c’est pas comme si j’étais alcoolique… Mais, j’ai mes raisons pour arrêter de boire même si je n’arrive pas à les présenter de façon claire et simple maintenant.

Mais je suis ferme quant à ma décision. Elle boit son vin blanc et moi, mon eau pétillante. Et on parle d’autre chose. Des enfants, du travail, de nos mères, et de… régime ??? Bon, ben, c’est le temps de passer à table !

22 h

La soirée a été agréable, mais courte. Plus courte que d’habitude. Normalement, on aurait parlé jusque tard dans la nuit. On aurait peut-être même fini les deux bouteilles de vin. Oui, oui. Et elle aurait passé la nuit, ici. Mais boire seule, c’est moins drôle. Et j’ai bien vu qu’elle se sentait un peu mal à l’aise et très consciente de chaque verre qu’elle se versait. En partant, je lui ai redonné ses deux bouteilles de vin entamées, mais encore presque pleines…

Une fois au lit, je n’ai pas pu dormir. Ce qui me chicotait le plus, c’était la réaction de mes amies. Alors, j’ai essayé de faire un peu d’ordre dans mes idées en écrivant dans mon journal.

Tu n'es pas alcoolique !
Tu n’es pas alcoolique !

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