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La fin d’une année sans alcool. La fin ?

1er janvier 2015

Un an, déjà, que je tiens ce journal ! Et aujourd’hui, alors que j’y écris peut-être pour la dernière fois, je voulais prendre le temps d’y faire un bon bilan de l’année qui vient de s’écouler. Celui que j’ai fait hier était trop sommaire. Je voulais me lever tôt ce matin et prendre le temps de bien réfléchir à l’année que je viens de vivre. Je voulais relire tranquillement tout ce que j’ai écrit pour en voir les leçons que je pourrais en tirer, pour m’aider à planifier un peu l’année qui commence aujourd’hui. Je voulais aussi revivre un peu l’année 2014. On oublie tellement vite ! Même quand on ne boit pas…

Mais voilà… Je me suis levée bien tard. C’est que j’ai bien fêté, au réveillon ! Et dans peu de temps, je devrai me préparer pour le traditionnel souper du Jour de l’An chez ma soeur. Alors, ce bilan attendra un peu. Mais je veux quand même noter ce qui s’est passé hier soir.

Je suis partie pour le réveillon un peu hésitante. D’abord, je craignais qu’on ne me laisse pas attendre minuit pour prendre mon premier verre d’alcool. J’avais un peu peur qu’on me dise que ça ne valait pas la peine d’attendre la fin de la soirée, d’attendre le premier coup de minuit. Mais non, tout comme à Noël, tout le monde me soutenait, me félicitait d’avoir réussi à tenir si longtemps. Ça m’a fait chaud au coeur et j’en étais très heureuse. Mais, en même temps, j’étais un peu mal à l’aise. C’est que je ne savais pas ce que j’allais faire. Boire ou ne pas boire ?

Je n’arrivais pas à me décider. Avoir réussi à passer un an sans boire, en soi, c’est une réussite, c’est presque un exploit. Mais qu’est-ce que ça donne ? Est-ce que j’ai obtenu les résultats que j’espérais ? J’ai vu de l’amélioration dans ma vie, c’est certain, mais je n’ai pas tout réglé. Je n’ai pas obtenu les résultats spectaculaires que j’escomptais. Est-ce que c’est parce que ce n’est pas l’alcool qui est la cause de ces problèmes et alors, je dois chercher ailleurs ? Ou bien, est-ce que je dois arrêter pendant plus longtemps encore, mais cette fois-ci faire aussi d’autres changements dans ma vie. Peut-être manger mieux, faire plus d’exercices, relaxer ? Je ne sais pas. Il y tellement de choses qu’on “devrait” faire.

Et puis, si je prends un verre ce soir, si je recommence à boire, qu’est-ce que je ferai demain ? Si je ferme les yeux et que j’essaie d’imaginer ma vie d’avant ma sobriété, je revois des bribes et je me demande…

Est-ce que j’aurai envie de pouvoir me relaxer en prenant un verre de vin en revenant du travail ? Probablement. L’alcool, ça sert à ça aussi. Mais alors, est-ce que je n’aurai pas envie d’en prendre un deuxième, ensuite, avec mon repas ? Puis, dans la soirée, la vaisselle faite (ou non), après deux verres de vin, est-ce que je ne serai pas trop fatiguée pour faire autre chose ? Est-ce que j’aurai le courage de dire non à un troisième verre de vin en m’assoyant pour regarder la télé, lire un livre ? Est-ce que graduellement, je ne reprendrai pas mes vieilles habitudes ?

Est-ce que je n’ai pas un peu peur de réaliser que je suis peut-être alcoolique même si j’ai réussi à me passer d’alcool pendant un an ? Même si je ne bois pas plus que bien des gens autour de moi ?

D’ailleurs, est-ce nous ne sommes pas en train de devenir joyeusement une société d’alcooliques ?

Est-ce important ?

C’est vrai que j’ai un tempérament de girouette.

Alors toute la soirée, je me suis torturé l’esprit avec mes hésitations. Autour de moi,  tout le monde avait l’air gai, heureux. Et puis, je me suis dit que je pouvais bien boire un verre ce soir et attendre le 1er ou le 2 janvier pour prendre une décision. Pourquoi gâcher la soirée de tout le monde?  On attendait avec impatience que minuit arrive pour ouvrir le champagne, m’en offrir un verre et célébrer avec moi. Alors, sur le coup de minuit, c’est Jean-Marc qui s’est approché de moi.

Un verre de champagne pour fêter la fin d'une année sans alcool.
Un verre de champagne pour fêter la fin d’une année sans alcool.

J’ai vu la coupe de champagne et le regard amoureux et… soulagé de Jean-Marc. J’ai remarqué tous ces gens autour de moi, l’air heureux, qui attendaient que je prenne la coupe et que je la lève avec eux, à l’année qui commençait… À une nouvelle année, toute neuve… Je me suis demandé pourquoi j’avais eu toutes ces hésitations dans la soirée. Je n’avais pas à avoir peur ni des autres, ni de moi-même.

Et j’ai fait mon choix.

 

Une année sans alcool La fin?
Une année sans alcool La fin?

Une année sans alcool. Quel bilan ?

31 décembre 2014

L’année 2014 tire à sa fin. J’aurai réussi à tenir ma résolution de ne pas boire d’alcool pendant un an ! Un an ! C’est incroyable ! Je ne pensais pas vraiment pouvoir réussir.

J’ai pris cette résolution de façon un peu impulsive au début de l’année. Puis, après deux mois d’abstinence, j’avais finalement fait une liste de mes dix raisons les plus importantes pour arrêter de boire. Maintenant, après un an sans alcool, quel bilan puis-je faire ?

Que puis-je dire au sujet de ces 10 raisons ?

Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan
Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan
Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan (suite)
Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan (suite)

Alors ? Le bilan du bilan ?

Avant de partir pour le réveillon ce soir, je dois penser aux trois points suivants.

1.    Est-ce que je suis satisfaite des changements qu’une année de sobriété totale a apportés dans ma vie ?
2.    Cette année, est-ce que je serai capable de recommencer à boire de l’alcool sans reprendre mes anciennes mauvaises habitudes ?
3.    Si je décidais de continuer à ne pas boire pour une deuxième année, quelles en seraient les conséquences sur mes relations avec les gens autour de moi ? Avec mon chum, mes amis, mes collègues de travail ?

Mais aussi…

Qu’est-ce que je vais faire ce soir au réveillon ?

Joyeux Noël! En toute sobriété…

25 décembre 2014

Encore une semaine et j’aurai réussi à tenir ma résolution pour 2014 ! Une semaine et je pourrai dire que j’ai passé toute une année sans boire une goutte d’alcool !

Depuis une semaine, c’est une succession de partys du temps des Fêtes. Et ce n’est pas facile. Souvent, alors que je me prépare pour une sortie, je ressens une petite tristesse à l’idée de ne pas boire. Et parfois, j’ai même quelques larmes au coin de l’oeil. Ça m’étonne, ça me rend perplexe. On ne pleure quand même pas parce qu’on ne pourra pas prendre un verre de vin ou de champagne ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce sentiment de tristesse ? Je ne sais pas. Les premières minutes au party aussi sont difficiles. Alors, je me serre les poings, je me mets un beau sourire et j’agis de façon presque automatique. Mais une fois la soirée commencée, un verre de breuvage non alcoolisé à la main, je me sens mieux. Quand les conversations vont bon train, je ne pense plus et, en général, je m’amuse bien. Mais parfois quand je ne connais pas bien les gens ou encore quand je me retrouve toute seule sans personne avec qui faire la conversation, le goût de prendre un verre me reprend. Mais, ce désir-là aussi passe vite. Je me dis que je ne vais quand même pas abandonner ma résolution si près du but !

Hier, c’était le Réveillon de Noël dans ma famille. Il s’est passé quelque chose d’assez surprenant. Personne ne m’a offert d’alcool ! En fait, tout le monde me parlait de ma résolution, aimablement. On me disait : « Plus qu’une semaine à tenir ! Félicitations ! C’est fantastique ! » Alors je me suis demandé : est-ce que les gens se sont habitués? Est-ce que, finalement, ils ont accepté ma décision ? Est-ce que ça veut dire que si je renouvelais ma résolution pour une autre année, les réactions seraient plus positives ?

Puis, on a ouvert les cadeaux…

Des cadeaux de Noël significatifs...
Des cadeaux de Noël significatifs…

Une party de Noël. Boira, boira pas ?

14 décembre 2014

Mon chum s’est finalement déchargé le coeur la semaine dernière et m’a révélé à quel point ma sobriété le dérangeait. Pourtant, au début de l’année, il semblait le prendre vraiment bien et faisait beaucoup d’efforts pour me soutenir. Il en faisait même un peu trop. Mais voilà que maintenant, après tous ces mois de silence, ma sobriété le dérange. Je pense que c’était le cas depuis déjà un bon bout de temps et qu’il n’osait rien dire, car dans les jours qui ont suivi, il n’a pas arrêté de m’en parler. Tous les jours, tout le temps, partout… J’ai l’impression de retrouver les sermons de mes parents.

Le semainier des p'tits sermons.
Le semainier des p’tits sermons.

Ah ! Voilà ! Le chat est sorti du sac ! C’est son party de Noël qui le stresse. Il ne veut pas que les gens remarquent que je ne bois pas et qu’on se mette à me poser des questions. Ou encore, il a peur de ce que les gens penseront de moi. Mais par-dessus tout, je crois, il veut surtout boire en joyeuse compagnie. Est-ce que d’être avec quelqu’un qui ne boit pas du tout dans un party, c’est vraiment plate ? Je ne me rappelle même plus ce que je pensais de ça quand, moi aussi, je buvais. C’est vrai que de toute façon, ma résolution finit dans deux semaines. Qu’est-ce que je devrais faire ? Si près du but ?

Le party de Noël a lieu dans un grand hôtel du centre-ville. La compagnie de Jean-Marc a beaucoup d’argent et ça se voit. La décoration de la salle est impressionnante. Une grande salle tout illuminée. Une salle de contes de fées, aux couleurs d’or.

En arrivant, on nous offre, bien sûr, une coupe de champagne. Jean-Marc en prend une et me la tend… accompagnée d’un regard noir et intense. Je me sens paralysée d’indécision. Alors, je fais ce que je fais toujours dans les situations difficiles, je sors mon plus beau sourire et je dis que je dois d’abord aller aux toilettes. Le froid, n’est-ce pas, ça donne toujours envie ? Jean-Marc lève les épaules et me dit à voix pas tout à fait basse : « Essaie donc de ne pas gâcher ma soirée ! » et s’en va rejoindre un groupe de collègues. Je rougis de honte… et de colère. Ma décision est prise. Je dis au serveur : « Je ne bois pas ! Donnez-moi un verre d’eau minérale pétillante ! » Le serveur me sourit : « Vous savez, j’ai aussi un petit moût de pommes du Québec. C’est délicieux, ça pétille, la couleur rappelle celle du champagne et ça se sert dans une coupe. » Et il me lance un clin d’oeil. Va pour le moult de pommes ! Et je vais rejoindre Jean-Marc et ses collègues. Il regarde la coupe que je tiens à la main et me lance un grand sourire soulagé et reconnaissant. Bon, ça marche. Tant mieux!  Je ne veux pas faire la guerre à mon chum durant son party de Noël

La soirée est gaie. On nous offre continuellement des petites bouchées délicieuses et encore des coupes de champagne, de vin blanc, rouge, etc. L’alcool coule à flots et comme c’est gratuit, les gens ne s’en privent pas. Tout le monde est joyeux ! Je ne peux pas m’empêcher de regarder une jeune femme qui a l’air particulièrement populaire, surtout auprès des hommes. Elle semble avoir tellement de plaisir. Elle parle, elle rit, on l’embrasse. Bon, elle est un peu pompette, mais je ne peux pas m’empêcher de l’envier. Elle est jeune, gaie, vive ! Je me sens un peu terne à côté d’elle, un peu trop calme. Je comprends ce que Jean-Marc voulait dire à propos de vouloir s’amuser. D’ailleurs, lui aussi l’a remarquée.

Les petites bulles de champagne.
Les petites bulles de champagne.

Bon, elle a peut-être bu un peu trop de champage. Mais, c’est normal dans un party. D’ailleurs, dès qu’elle a fini une coupe, il y a quelqu’un pour lui en offrir une autre. Mais, elle a l’air si heureux ! Jean-Marc se tient tout près d’elle. Ils rient ensemble. Je me demande si je ne devrais pas aller échanger mon verre… Mais voilà que le président de la compagnie, un jeune Québécois, va prendre la parole. On demande le silence…

Attention ! Le président va parler.
Attention ! Le président va parler.

On demande à la jeune femme de parler un peu plus bas. Le président commence son petit discours. Elle, elle se tient debout derrière moi.  Elle est toujours aussi gaie, mais pas très solide. Quand le président de la compagnie lève le verre, elle le lève aussi. Un peu trop allégrement, elle m’arrose un peu. C’est pas grave. Elle boit du champagne. Du vin rouge, j’aurais trouvé ça moins drôle.

Tout à coup, quelqu’un me met la main sur l’épaule et me dit : « Attention, ne reculez pas! En fait, écartez-vous un peu. Vers l’avant. » J’avance un peu puis je jette un coup d’oeil derrière moi.

Quand on boit trop...
Quand on boit trop…

Pauvre fille ! Elle a l’air complètement hébétée. Un cercle de sécurité se fait autour d’elle. Elle vacille un peu. Tous ces hommes qui l’entouraient ont soudainement disparu. C’est une autre jeune femme qui vient la chercher pour l’accompagner aux toilettes. Discrètement. Le président n’a même pas interrompu son petit “speech”. Jean-Marc est revenu à côté de moi, mais il ne me regarde pas. Il examine ses beaux souliers neufs en cuir d’Italie, faits à la main. Il se tenait vraiment très proche de la pauvre jeune femme.

Je ne l’ai pas revue de la soirée, mais tout le monde parlait d’elle. On l’excusait et la blâmait en même temps. Un mépris malfaisant. C’est qu’il y a des règles. On peut boire autant qu’on le veut, avoir du bon temps, être gai mais il ne faut pas embarrasser les gens. Il ne faut pas dire de choses déplacées, ne pas se mettre à pleurer, etc. Il faut surtout attendre d’être rendu chez soi pour vomir.

Jean-Marc a suggéré de prendre un taxi pour revenir à la maison. Il se sentait ébranlé et un peu étourdi. J’ai dit que ce n’était pas nécessaire, que je pouvais conduire. Le moût de pommes, ça ne saoule pas.

Oui, ça arrive à tout le monde de boire un peu trop et, en général, ce n’est pas la fin du monde. Ça n’a pas toujours de conséquences aussi spectaculaires. Mais le problème avec l’alcool, c’est qu’une fois que tu as commencé à boire, c’est difficile d’arrêter. Et tu ne peux pas être absolument certain que tu ne feras rien de stupide ou de déplacé, parce que quand tu as trop bu, ton jugement ne vaut plus rien.

Je vais garder ma résolution jusqu’au bout et attendre la fin de l’année avant de recommencer à boire. Les partys de Noël seront finis à ce moment-là.

Et, en attendant, je me convertis au moût de pommes !

Mon chum est tanné !

1er décembre 2014

11 mois ? 11mois !!! Ça veut dire que dans un mois, un tout petit mois, je pourrai dire que j’ai tenu ma résolution pour 2014 : une année sans boire d’alcool ! J’ai de la misère à y croire ! J’ai recompté les mois, trois fois. Mais oui, 11 mois sans prendre une seule goutte d’alcool. C’est vrai qu’à différentes occasions, je suis souvent passée proche de.. craquer. Surtout au début. Mais j’ai su résister.

Mais voilà que tout près du but, c’est mon chum qui n’en peut plus.

Ça, c’est passé, hier soir. Jean-Marc est venu souper à la maison. Un petit repas à deux, sans raison spéciale. Pas de chandelles, pas de musique, pas de mets élaborés. Un vrai petit souper pépère. J’avais préparé un bon poisson. (Petite parenthèse : Moi, je me dis, pourquoi inventer des lundis sans viande quand dans l’histoire du Québec et la mémoire de nos mères, il y a les vendredis maigres ? Bon, c’est une autre histoire, ça.) Donc, un petit souper tranquille à deux, à la maison. Jean-Marc était passé par une crémerie du marché Jean-Talon et s’était laissé tenté par plusieurs fromages à saveur accentuée du Québec. Puis, il avait choisi à la SAQ juste à côté (c’est bien commode) un bon vin rouge bien corsé pour accompagner son bel éventail de fromages. Comme mon chum aime être un connaisseur en vins, il avait eu une longue discussion, d’abord avec quelques employés de la crémerie, ensuite avec deux autres « experts » de la SAQ, avant de faire un choix.

Après le poisson, Jean-Marc dispose ses fromages, qui attendaient, bien sûr, à la température de la pièce, sort une baguette neuve, dorée et bien croustillante de son sac de papier, débouche sa bouteille de vin choisi avec grande expertise et beaucoup d’amour et pose sur la table… DEUX coupes à vin.

Boire tout seul, c'est plate!
Boire tout seul, c’est plate!
J'impose ma sobriété?
J’impose ma sobriété?
C'était mieux quand je buvais?
C’était mieux quand je buvais?

On était plus heureux ? Simplement parce que je buvais, parce qu’on pouvait partager le plaisir de boire ensemble ? Et si j’avais arrêté de manger du chocolat, ou bien du fromage ? Est-ce que Jean-Marc trouverait ça, aussi, plate ? Ou bien, il y a autre chose… Ce n’est pas possible… Est-ce qu’il est en train de me dire qu’il n’est plus heureux avec moi ? J’en ai mal au ventre. Mais je dois prendre mon courage à deux mains et lui poser la question.

La sobriété a fait de moi une autre personne
La sobriété a fait de moi une autre personne

La sobriété m’a changée ? Certainement ! D’abord, avant, j’aurais continué la discussion. J’aurais voulu aller au fond des choses. J’aurais argumenté. Ça se serait fini en dispute. Bon, c’est évident qu’auparavant, cette discussion sur ma sobriété ne serait jamais arrivée étant donné que je buvais. Mais, j’ai remarqué que depuis que je ne bois plus du tout, je suis plus à même de discuter calmement. Je m’emporte moins facilement. Je suis capable de voir la vraie raison d’une dispute. Ici, par exemple, vite comme ça, je dirais qu’une des raisons derrière le sentiment de Jean-Marc, c’est son petit côté narcissique exhibitionniste… Ça le dérange que je ne sois plus là pour écouter ses longs discours sur les vertus du vin qu’il a choisi.

Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander encore une fois : « Est-ce que la sobriété m’a vraiment rendue plate? » Est-ce que c’est ce que Jean-Marc pense ? Mais pire : « Est-ce que ma sobriété met en péril ma relation avec mon chum ? » Si c’est le cas, est-ce que ce n’est pas un peu inquiétant de réaliser qu’être capable de boire ensemble constitue une condition essentielle à notre relation ?

Heureusement, dans un mois, je n’aurai plus à me tourmenter avec tout ça. J’aurai fini ma résolution de ne pas boire pendant un an.

Mais je pense que certaines questions vont peut-être quand même rester là…

P.-S. La soirée s’est quand même bien terminée et Jean-Marc a tranquillement fini toute la bouteille de vin…