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Une année sans alcool. Quel bilan ?

31 décembre 2014

L’année 2014 tire à sa fin. J’aurai réussi à tenir ma résolution de ne pas boire d’alcool pendant un an ! Un an ! C’est incroyable ! Je ne pensais pas vraiment pouvoir réussir.

J’ai pris cette résolution de façon un peu impulsive au début de l’année. Puis, après deux mois d’abstinence, j’avais finalement fait une liste de mes dix raisons les plus importantes pour arrêter de boire. Maintenant, après un an sans alcool, quel bilan puis-je faire ?

Que puis-je dire au sujet de ces 10 raisons ?

Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan
Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan
Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan (suite)
Dix raisons pour arrêter de boire: un bilan (suite)

Alors ? Le bilan du bilan ?

Avant de partir pour le réveillon ce soir, je dois penser aux trois points suivants.

1.    Est-ce que je suis satisfaite des changements qu’une année de sobriété totale a apportés dans ma vie ?
2.    Cette année, est-ce que je serai capable de recommencer à boire de l’alcool sans reprendre mes anciennes mauvaises habitudes ?
3.    Si je décidais de continuer à ne pas boire pour une deuxième année, quelles en seraient les conséquences sur mes relations avec les gens autour de moi ? Avec mon chum, mes amis, mes collègues de travail ?

Mais aussi…

Qu’est-ce que je vais faire ce soir au réveillon ?

10 mois sans alcool. 10 conseils pour arrêter de boire.

1er novembre 2014

Si arrêter de boire constitue un grand défi,  perdre du poids ne donne certainement pas sa place. Pourtant, si j’ai été capable de me passer d’alcool pendant maintenant 10 mois, ne devrais-je pas être capable de me priver un peu côté nourriture et perdre 15 lb ? Bien sûr, la situation est différente. Je ne peux pas arrêter de manger complètement !

N’empêche qu’il y a des similitudes dans les deux défis et certains comportements que j’ai développés au fil des mois dans mon cheminement de sobriété pourraientt peut-être m’être utile dans mes efforts de perte de poids.

Mais il faut d’abord que je fasse un petit bilan des dix mois qui viennent de s’écouler pour en extraire les principaux moyens que j’ai utilisés pour arrêter de boire.  De cette réflexion est sortie ma liste de dix conseils pour arrêter de boire.

10 conseils pour arrêter de boire

1. Ne pas faire la girouette !

Prendre une décision et ne plus la remettre en question est, je pense, ce qui est le plus difficile.  Dans les premiers jours de janvier, alors que je venais de prendre la résolution de ne pas boire pour un an, j’ai dû me poser des questions sur la pertinence, la nécessité, l’utilité de mon choix toutes les quinze minutes. Puis, à un moment donné, épuisée par tous ces remous, j’ai décidé que je n’avais plus le droit de repenser mon choix. J’ai commencé à agir comme une automate. J’ai refusé d’entretenir ce débat intérieur avec moi-même. Mon choix est devenu indiscutable.

Conseil no 1 pour arrêter de boire. Ne pas faire la girouette.
Conseil no 1 pour arrêter de boire. Ne pas faire la girouette.

2. Se donner une limite de temps.

La pire attitude, surtout au début, est de voir sa décision comme quelque chose d’éternel. Une décision pour la vie ou pour…

Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps.
Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps.

Moi, j’ai choisi une année complète parce que je voulais donner à mon corps et à mon esprit le temps de s’habituer vraiment à la sobriété et d’en tirer tous les bénéfices. Je voulais aussi faire un changement en profondeur et il me semblait que cela nécessitait un cycle complet, les douze mois de l’année. Mais chacun doit trouver la limite de temps qui lui convient. Ça varie d’une personne à l’autre.

Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps. 2.
Conseils pour arrêter de boire. Se donner une limite de temps. 2.

3. Faire une liste de ses raisons.

Un point très important que j’ai négligé au tout début. Même si je songeais à arrêter de boire depuis un certain temps, j’ai quand même pris ma décision un matin du 1er janvier, un lendemain de veille.

Comment on en arrive à prendre des résolutions.
Comment on en arrive à prendre des résolutions.

En fait, le simple fait d’établir cette liste, de réfléchir vraiment à ses raisons pour arrêter de boire et de les mettre par écrit est incroyablement utile. C’est aussi très important de le faire honnêtement. Ensuite, on garde cette liste pour soi, si l’on veut, mais à portée de la main pour les moments difficiles. On y pige là aussi les arguments qui aideront à parler clairement de notre choix lorsque nous décidons d’en discuter avec les gens proches de nous. (Cliquer ici, pour voir ma liste de dix raisons.)

4. Identifier les moments les plus difficiles.

En général, on ne pense pas à un prendre un verre d’alcool à longueur de journée. Identifier les moments qui sont les plus difficiles m’a été utile pour trouver comment composer avec ces situations-là.

Conseils pour arrêter boire. Identifier les moments les plus difficiles.
Conseils pour arrêter boire. Identifier les moments les plus difficiles.

Au début, ma liste de moments difficiles semblait ne pas avoir de fin. Puis, petit à petit, j’ai réussi à identifier une liste plus courte de moments problématiques. Pour moi, il y a eu bien sûr le temps de l’apéro, les soupers de filles, et les émissions de télévision, le soir.  J’en ai déjà parlé dans mon journal : dans toutes les émissions, souvent même dans des émissions d’information, on y voit quelqu’un avec un verre d’alcool à la main. Plus le temps passe, plus ma liste de moments dangereux diminue. Et pour m’aider à composer avec les occasions difficiles, j’ai développé plusieurs tactiques.

5. Examiner son désir d’un verre d’alcool

J’ai remarqué que dans certains cas mon désir d’alcool s’accompagnait d’un autre besoin, d’un autre désir, d’une autre envie.  Par exemple, le temps de l’apéro a été et reste encore le moment le plus fragile pour moi. C’est la période de la journée où je suis fatiguée et mon niveau d’énergie est au plus bas. J’ai besoin de faire une pause et j’ai faim. Et ce besoin de refaire le plein d’énergie, j’en prenais soin, auparavant, en m’assoyant avec un verre de vin. Je me suis rendu compte que même si je suis seule, je dois aussi prendre le temps de m’asseoir et me préparer une petite collation. Si je suis avec des amis, dans un bar, par exemple, je dois me commander quelque chose à manger, une petite assiette d’olives ou de fromages, par exemple. Pour moi, une fois le premier moment de l’apéro passé et ma faim en partie assouvie, je résiste beaucoup plus facilement à l’alcool.

Maintenant, quand j’ai tout à coup le goût de boire un verre, je me demande si c’est vraiment d’alcool dont j’ai envie. Parfois, le goût survient quand je suis devant une tâche désagréable à accomplir,  ou encore quand je viens de subir un échec, ou bien après une dispute avec Jean-Marc, mon chum…

6. Trouver des activités de remplacement agréable.

J’ai, malheureusement,  trop souvent remplacé l’alcool par la bouffe, et c’est pourquoi j’ai maintenant 15 lb à perdre. Mais au fil des semaines, j’ai aussi trouvé des activités agréables à faire pour tromper mon envie d’un verre de vin ou de bière. J’en ai fait une liste, y incluant également le temps que l’activité peut demander. J’y ai inclus des activités que je me donne rarement le droit de faire mais qui m’apporte beaucoup de plaisir : danser comme une folle dans mon salon, au son de la musique des années 1950 ; colorier dans un cahier de coloriage de Noël ; et même, ne faire strictement rien d’autre que de regarder les gens qui passent en bas, sur ma rue, et imaginer leur histoire.

Et dans les moments où les idées me font défaut, je peux toujours demander des suggestions à des amis. Quant à mon chum, lui, il me fait toujours la même suggestion.

Le soutien à la façon de mon chum.
Le soutien à la façon de mon chum.

7. Penser à des breuvages de remplacement.

Un verre de vin (et parfois de bière) était devenu pour moi au fil des années, pratiquement le SEUL breuvage. En arrêtant de boire, j’ai redécouvert le plaisir d’une tasse de thé en fin d’après-midi ou encore d’une eau minérale à laquelle j’ajoute un peu de jus. Je me prends souvent aussi une bonne tisane en soirée. J’en ai d’ailleurs maintenant toute une collection. Et quand je vais au restaurant avec des amis, alors que les autres se payent un verre de vin, moi, je me permets une eau en bouteille, pétillante ou non. Et peu importe ce que les serveurs peuvent en penser…

Madame ne boit pas ? Elle a un problème ?
Madame ne boit pas ? Elle a un problème ?

8. Se préparer mentalement aux moments difficiles.

Certaines situations semblent parfois impossibles. On se dit qu’on ne pourra absolument pas éviter de prendre un verre, soit parce qu’on en aura trop envie, soit en raison de la pression des autres. Au début et même pendant un bon bout de temps, je choisissais d’éviter les situations qui seraient, je le savais, très tentantes pour moi. Je ne sortais presque plus. Mais c’est vite devenu trop déprimant, toute cette solitude. J’ai réalisé que de me préparer mentalement aux situations m’aide beaucoup. Je les imagine dans ma tête, je les pratique, un peu comme on répète une pièce. Et cette répétition finit par banaliser la situation. Ce verre de champagne qu’on m’offrira pour célébrer avec tous cet évènement si joyeux ? Je l’ai déjà refusé dix fois dans ma tête et remplacé par une eau pétillante aromatisée, dans un beau verre à champagne! D’ailleurs, plus le temps passe et plus je sais comment être ferme avec moi-même ainsi qu’avec les autres, tout en restant souriante et charmante (enfin presque…).

Réponse à un épais!
Réponse à un épais!

9. Préparer un argumentaire éclair.

Note: J’ai dû consulter le site de l’Office québécois de la langue française pour trouver la traduction de l’expression “Elevator pitch”.

Un argumentaire éclair, pas pour nous mais pour les autres… Parce que quand on décide d’arrêter de boire, on se rend compte que Sartre avait bien raison et que les autres, bien, c’est souvent l’enfer  Quand les gens autour de moi apprennent que j’ai décidé d’arrêter de boire complètement, ils veulent connaître le pourquoi d’une telle décision. Leur donner la liste de mes dix raisons est non seulement trop long, mais aussi risqué. Plusieurs y voient un sujet de débat, et ce, pour différentes raisons. Certaines personnes se sentent jugées et veulent justifier leur propre comportement, d’autres pensent que je cache peut-être un problème grave d’alcoolisme, etc. Bref, un choix qui est pour moi, personnel, devient un sujet de discussion beaucoup trop public à mon goût. J’ai bien vite réalisé qu’il me fallait trouver une façon de présenter ma décision qui serait effective, concise et qui, idéalement, ne donnerait pas une image péjorative de mon choix. C’est de là qu’est venue l’idée de la sobriété volontaire.

Ça s'appelle la sobriété volontaire.
Ça s’appelle la sobriété volontaire.

10. Tenir un journal.

Arrêter de boire complètement pour un an n’est pas une petite affaire. C’est un grand défi.  J’aime écrire et faire des petits dessins. Tenir un journal dans lequel je peux tout raconter, dans lequel je peux aussi évaluer le chemin parcouru est mon outil le plus précieux. Au début, j’écrivais presque tous les jours dans mon journal. J’y notais mes petites victoires, mes découragements, mes frustrations. Puis au fil des semaines et des mois, mon besoin d’écrire a changé. Mon journal intime est aussi devenu l’endroit où je note des réflexions d’un autre ordre : je m’interroge sur la place de l’alcool dans la société, sur l’alcoolisme chez les femmes, sur la publicité pour l’alcool et les messages qu’elle véhicule, sur tout un éventail de sujets. Tenir un journal de sobriété m’apporte tous les jours énormément de soutien et de plaisir. Et je ne manque pas de sujets…

Conseils pour arrêter de boire. Tenir un journal intime.
Conseils pour arrêter de boire. Tenir un journal intime.

 

Le poids des mots. La sobriété volontaire

23 août 2014

Les mots ont un poids. Oui, oui. Et parfois, un poids énorme, même. Et ce poids gigantesque, vous le traînez avec vous, partout. Il vous alourdit et vous fait marcher les épaules basses. Parfois, vous les oubliez, ces mots, vous ne les sentez plus et vous marchez allègrement, la tête haute, le pied léger et… Bang! Quelqu’un vous les relance au visage.

C’est ce qui m’est arrivé récemment alors que je profitais innocemment d’une des belles journées du mois d’août. Montréal est tellement belle en été!. La rue Saint-Denis était bondée de monde et je me sentais incroyablement bien, en paix avec moi-même.

Catherine ne boit plus. Le poids des mots.
Catherine ne boit plus. Le poids des mots.

Et voilà ! J’ai eu l’impression d’avoir reçu un coup de massue. Je suis partie honteuse, écrasée par le poids des mots. Ma décision de ne pas prendre d’alcool pendant un an est rapidement devenue « Catherine ne boit pas » puis, peu à peu,  « Elle ne boit plus. » Un raccourci. Comme le jeu du téléphone. Si je ne bois plus, c’est que je buvais et tout le monde sait très bien ce que « boire » veut dire: Catherine avait un problème d’alcool. Un problème d’alcool terrible. Je me souviens encore de ma mère qui chuchotait à mon père : « Le mari de la voisine boit ». « Elle doit cacher son flacon de parfum ». Et je revois cet homme, cet alcoolique aux yeux rouges, à la démarche toujours un peu chambranlante et aux crises de colère qui effrayent tous les enfants du quartier. Une image terrible !

Je n’ose pas imaginer quelle image les gens ont en tête quand ils entendent: « Catherine a arrêté de boire. »

Ce dernier incident m’a bien fait réfléchir. Ma décision de ne pas boire pendant un an a fait de moi, aux yeux de plusieurs de mes collègues et amis, une alcoolique. Pourquoi? D’abord, parce que je ne bois pas du tout, même pas un petit verre de temps en temps.  Mais aussi à cause de la façon dont ma décision est présentée, à cause des mots qu’on utilise. Est-ce que par un petit jeu de dialectique, je ne pourrais pas changer la perception que les gens ont de moi et de ma décision?

Alors, j’ai décidé de reviser ma façon de présenter ma résolution. Je me suis préparé une description moderne, un remixage d’expressions bien branchées, évocatrices d’images exotiques et cultivées. Le fond est vrai, c’est la façon de le dire qui a changé. Et, le croirez-vous, ça marche !

Ça s'appelle la sobriété volontaire.
Ça s’appelle la sobriété volontaire.

Selon l’OMS, l’alcool a tué 3.3 millions de personnes en 2012, dans le monde. Et la modération, alors?

24 mai 2014

Depuis que j’ai arrêté de boire de l’alcool, je reçois régulièrement, de l’un ou l’autre de mes amis, des articles de journaux, des analyses scientifiques, des liens vers des reportages télévisés, parfois sérieux, parfois humoristiques, sur le même sujet : les bienfaits de la consommation d’alcool. Dès qu’un rapport quelconque sur le sujet surgit, hop ! on me le fait suivre. Pas de délais ! Les courriels et les médias sociaux se font aller.

Mais quand, le 12 mai dernier, l’Organisation mondiale de la santé a présenté son Rapport de situation mondiale sur l’alcool et la santé, personne, mais vraiment personne, ne m’en a parlé. Personne ne m’a envoyé de liens vers des articles ou des entrevues à la radio ou à la télévision sur ce sujet. Même pas un petit commentaire de mes amis sur FB ou Twitter ! Silence quasi total.

Je crois que c’est parce que le rapport est assez inquiétant, certains pourraient même dire, alarmant. Le titre de leur communiqué de presse donne le ton : L’OMS appelle les gouvernements à redoubler d’efforts pour éviter les décès et les maladies liés à l’alcool

C’est vrai aussi que les médias se sont faits, en général, assez discrets sur le sujet. Et leur réaction était plutôt uniforme : une surprise un peu incrédule suivie souvent d’un désir de rassurer. Puis, ils sont vite passés à autre chose. Le rapport est sorti, il y a moins de deux semaines et déjà, on n’en parle presque plus. « Les méfaits de l’alcool », ce n’est pas un sujet particulièrement gai pour une population qui aime bien boire, comme c’est le cas au Québec.

Une seule personne dans mon entourage n’a pas hésité à m’en parler : mon amie Marie qui ne boit pas du tout depuis presque toujours. Elle m’a téléphoné un matin pour me conseiller d’écouter une entrevue radiophonique sur le sujet. Comme elle a bien fait ! Comme je la remercie ! J’ai trouvé l’entrevue non seulement intéressante, mais aussi bien amusante. L’animatrice avait invité à son émission d’information un médecin pour commenter le rapport de l’OMS.

Dès le début de l’entrevue, on voit bien que l’animatrice est non seulement surprise, mais aussi atterrée par le contenu du rapport.

Le rapport de l'OSM sur l'alcool. On n'en revient pas!
Le rapport de l’OSM sur l’alcool. On n’en revient pas!

Ah ! Le médecin est lui aussi surpris ! Et c’est un mé-de-cin ! L’animatrice ne perd pas une seconde. Il y a peut-être une faiblesse dans les données du rapport…

Rapport de l'OSM sur l'alcool. Premiers doutes.
Rapport de l’OMS sur l’alcool. Premiers doutes.

Ah, oui, c’est vrai. Ce rapport est quand même produit par une agence des Nations unies… Mais il y a sûrement une explication à ces chiffres affreux. Ils ne peuvent pas s’appliquer à notre comportement à nous ? Il faut aussi rassurer les auditeurs. L’animatrice tend une première perche à son invité.

Rapport de l'OMS sur l'alcool. Rassurez-moi, docteur. Prise un
Rapport de l’OMS sur l’alcool. Rassurez-moi, docteur. Prise un

Merde ! Une perche de perdue ! Le docteur n’a pas répondu comme elle l’aurait souhaité. Mais elle n’a pas dit son dernier mot. Elle a d’autres perches…

Rapport de lOMS sur l'alcool. Rassurez-moi, docteur! Prise 2
Rapport de lOMS sur l’alcool. Rassurez-moi, docteur! Prise 2

L’animatrice commence à penser que ce médecin ne comprend pas vite. Il n’a pas l’air de vouloir l’aider. Mais elle a un atout dans son jeu… Un atout imbattable, une donnée scientifique que tout le monde connaît

Rapport de l'OMS sur l'alcool. Rassurez-moi, docteur! Prise trois.
Rapport de l’OMS sur l’alcool. Rassurez-moi, docteur! Prise trois.

Et voilà ! Ce n’était pas si difficile, docteur ! C’est ce qu’elle voulait lui entendre confirmer : l’alcool est bon pour la santé !

Rapport de l'OMS sur l'alcool. On se rassure.
Rapport de l’OMS sur l’alcool. On se rassure.

Hum… Ce n’est pas bon du tout, ça ! 200 maladies ! Mais le brave docteur a aussi parlé de cette maladie-épouvantail, celle qu’on agite devant les buveurs d’alcool ! Celle dont la cause est bien connue…

Rapport de l'OMS sur l'alcool. C'est l'abus!
Rapport de l’OMS sur l’alcool. C’est l’abus!

Et voilà, le mot qu’il fallait dire. Nous, au Québec, la modération, on connaît ça ! On l’a même institutionnalisée !

Rapport de l'OMS sur l'alcool. La modération.
Rapport de l’OMS sur l’alcool. La modération.

Grand soupir de soulagement. Au Québec, Éduc’alcool avec son thème de modération nous sert de bouclier. Finalement, son public et elle-même rassurés, l’entrevue terminée, l’animatrice peut enfin passer au sujet suivant de son émission. Un sujet beaucoup plus léger et intéressant : « Avec le mois de juin qui arrive, quelle sera votre boisson préférée de l’été ? Le vin blanc ou le rosé ? »

Peu de temps après cette entrevue à la radio, j’ai lu un court article sur La Presse +, édition du 21 mai, intitulé Le monde boit. L’article se termine par un commentaire de M.  Hubert Sacy, directeur gnénéral d’Éduc’alcool : Le Canada et le Québec consomment plus que la moyenne mondiale, mais leur relation avec l’alcool est plus équilibrée qu’ailleurs, dit M. Sacy. Au Québec, poursuit-il, les trois quarts des buveurs consomment de façon « parfaitement responsable ».

Bon, l’article n’explique pas ce que M. Sacy entend par une relation équilibrée avec l’alcool, ni ce qu’est une consommation responsable. Mais, selon lui,  au Québec, dans ce domaine, tout va plutôt bien, alors ? La modération nous protège donc des problèmes liés à la consommation d’alcool?

Intriguée, je suis allée voir ce fameux rapport de l’OMS . Je ne l’ai trouvé qu’en anglais : Global status report on alcohol and health. 2014.

Je dois dire que d’une façon générale,les données ne sont pas du tout rassurantes :

  • Les groupes à faible revenue sont les plus touchés
  • Les beuveries excessives (binge-drinking) sont très populaires. 16 % des buveurs dans le monde et plus de 23 % au Canada s’y adonnent.
  • Les consommateurs d’alcool dans le monde ingurgitent en moyenne 17 litres d’alcool pur par année.

Et les données touchant les femmes sont encore plus inquiétantes :

  • Même si les décès reliés à la consommation d’alcool touchent plus les hommes (7,6 %) que les femmes (4 %), celles-ci « pourraient être plus vulnérables face à certains problèmes de santé liés à l’alcool. »
  • Et les auteurs du rapport s’inquiètent du fait que la consommation d’alcool est en augmentation constante chez les femmes.

Bon, pas drôle, tout ça…

Mais en continuant à naviguer sur le site internet de l’OMS, je tombe sur
une page intérssante: Recommandation OMS pour une consommation responsable

J’y retrouve d’abord les mêmes recommandations que celles de chez Educ’alcool :

  •  pas plus de 21 verres par semaine pour l’usage régulier chez l’homme (3 verres par jour en moyenne)
  • pas plus de 14 verres par semaine pour l’usage régulier chez la femme (2 verres pasr en moyenne)
  • jamais plus de 4 verres par occasion pour l’usage ponctuel
  • s’abstenir au moins un jour par semaine.

 Mais, tout en bas de la page, il y a un petit tableau. En le lisant, j’ai un coup au coeur. C’est une mise en garde sérieuse pour ceux qui se reposent sur la tranquillité d’esprit apportée par les chiffres précédents :

Pas de consommation sans risques !
Même une consommation modérée (max. 3 verres par jour chez l’homme et 2 chez la femme) est associée à un accroissement du risque de cancers des voies aérodigestives supérieures, cancer du foie, cancers du sein et du côlon-rectum.

Toure consommation régulière peut, chez les personnes présentant une vulnérabilité, conduire à une assuétude.
 
Toute consommation d’alcool a une influence sur le comportement et les réactions et peut conduire à des accidents et actes préjudiciables. 

Bon ! J’ai appris un mot nouveau, assuétude, synonyme de dépendance. Mais j’ai aussi appris qu’il y a de nombreux risques associés à la consommation d’alcool. Et ce, même sans en abuser. Et ça, ça ne me plaît pas du tout…

Car moi, c’est juste pour un an que je veux arrêter l’alcool…

 

Note de l’auteure; : N’oubliez pas de consulter la page des liens pour voir toutes les références reliés à cet article.

Le programme détaillé du congrès Comics and Medicine. From Private Lives to Public Health, à Baltimore en juin 2014, est maintenant disponible. Un programme extraordinaire!

Ma communication aura lieu le vendredi après-midi. Pre-Clinical Teaching Building on the Johns Hopkins Medical Campus. Session 2B.